Hommage aux anciens Mousquetaires

 

Avril 2002, dans l'intimité d'une chambre d'étudiant, un jeune munegu lançait ce qui allait devenir un Ovni sur la toile monégasque : le site des mousquetaires était né.

Juin 2010, l'étudiant devenu père de famille était contraint par ses obligations personnelles et professionnelles de mettre fin à 8 ans de rier, 8 années durant lesquelles lui et sa petite troupe d'escrimeurs ont su imposer les mousquetaires comme une force obscure référence dans le milieu aseptisé des tribunes du Louis II.

 

Pendant ces 8 années, l'AS Monaco, plus prosaïquement rebaptisé « notre cheptel bien aimé » par ces as de la plume, aura connu une victoire en coupe de la ligue, une finale de ligue des champions, une finale de coupe de France, des défaites épiques, des victoires dégueulasses, 4 présidents, 7 entraineurs, et surtout, une longue et douloureuse descente vers les bas fonds, descente contre laquelle les mousquetaires se sont longtemps insurgés, vilipendant la responsabilité de ces dirigeants bien planqués derrière leur petit doigt.. Mais les mousquetaires, en plus d'être cet organe de résistance contre ces profiteurs qui mangent depuis des années sur le dos du club et de ses supporters, étaient le petit point chaud sur lequel nous nous tournions les soirs de disettes et de défaites, afin de donner un coup de fouet à notre moral en berne.

Car leurs écrits fantasques et tintés de cet humour si particulier, à la fois grinçant et zébré de très nombreuses références cinématographiques et littéraires, ont certainement contribué à hisser haut le pavillon de ce pays indépendant qu'est la Principauté de Monaco, mais plus particulièrement, ont permis à bon nombre de supporters de ne pas tomber dans la déprime, à un bon paquet de munegu de ne pas perdre la foi, et surtout à ce que le taux de suicide au sein de la communauté monégasque d'explose pas à la façon de celui de France Telecom.

Car les mousquetaires, c'était avant tout cela, un site qui aurait dû être déclaré d'intérêt public et remboursé par la sécurité sociale monégasque, une somme de petits moments de bonheur alors que l'actualité du club était morne et moribonde. Leurs éditos engagés, drôles et inventifs, leurs comptes rendus capables de nous filer la banane après une défaite 4-0, leurs dubinettes et leurs trucages aux lectures parfois multiples, mais toujours humoristiques et décales, leurs vidéos, trop rares, mais toutes jouissives, et leur taverne, ce forum malodorant où la communauté, certes peu nombreuse, était de qualité et les interventions toujours intéressantes.

Et c'est au jour de leur fermeture que nous avons pu mesurer l'impact de leurs actes par l'immensité du vide qu'ils ont laissé.

 

 Un an après leur fermeture, l'enfer s'est déchainé sur notre cheptel préféré. Entre des erreurs de recrutements à la pelle, des dirigeants dont l'amateurisme dans les orientations stratégiques et dans la gestion du personnel et des effectifs fait aussi peur que la façon sournoise dont ils tirent profit du club pour leurs desseins personnels, tout cela dans un climat de manipulation leur permettant d'agir en toute impunité, n'ayant personne pour faire front et crier tout haut les abominations qui se déroulent dans l'intimité d'un bureau au stade Louis II ou dans l'obscurité d'une boite de nuit monégasque…

Ne croyant pas aux coïncidences, nous avons décidé de reprendre le flambeau. Afin d'apporter du bonheur aux supporters, alors que la saison en L2 s'annonce longue et ténébreuse. Mais aussi pour reprendre la lutte, pour ressortir la plume de la vindicte populaire, celle qui dénonce les errements, celle qui ne pense qu'à la vérité, celle qui clouera au pilori les responsables de notre chute.