ASMousquetaires.com - Songe d’une nuit d’Automne…

Songe d’une nuit d’Automne…

Anonymuneghu

Il y a des nuits où vous êtes songeurs, où vous pensez pouvoir décrocher la lune, où vous vous sentez fort, fier, patriote. Des nuits où une simple boule de neige devient une énorme avalanche… Ces nuits là sont de plus en plus fréquentes du côté de notre chère Principauté. Pourquoi cela ? Parce que nous autres, pauvres Mousquetaires, nous rêvons en grand, nous rêvons en panoramique, nous rêvons en THX…


Et dans nos rêves, espérons être la continuité d’une révolution de la liberté, celle qui aura vu plusieurs peuples renverser l’incompétence et la bêtise de leurs gouvernements... Cet historique printemps arabe.

Oui, tu as compris, nous avons l’ambition de voir le peuple monégasque se relever comme un seul homme, afin de montrer au président Fonzie que personne n’est intouchable, afin de montrer que le côté obscur des noirs seigneurs qui s’occupent de notre cheptel depuis trop longtemps ne pourra résister à la lumière portée par tout un peuple uni…

 

Plongeons dans une autre dimension, pour le récit d’une vendetta qui arrivera un jour, la promesse est faite.

 

Ce matin-là est un matin comme un autre en Principauté. La population s’active, se réveille, la ville est une véritable fourmilière. Les vieux du port commentent encore la énième défaite du club, qui voit l’AS Monaco prendre définitivement ses marques dans cette Ligue 2. L’élite du foot français n’est plus qu’un lointain souvenir pour notre cheptel, les déplacements à Laval ou Angers sont devenus monnaie courante. Pis, le dédain et le mépris encadrent les discussions de l’ASM désormais.

Mais en cette période où tout semble réuni pour que le club sombre définitivement, une équipe de mousquetaires arpente furtivement les artères de la ville.

Qui sont-ils ?

Sont-ce les fameux Mousquetaires du prince ?

Ceux qui ont juré le scalp de l’axe du mal monégasque, le quartet Franzi-Aubéry-Bella-Keller ? Bon pour le dernier ils sont arrivés trop tard, mais le cœur y était.

En tout cas oui, ce sont eux.

 

Ils s’arrêtent, saluent, questionnent les figurants de cette matinée. Les auditeurs semblent réceptifs, mais le volume des conversations est trop faible pour être audible. Mais sans aucun doute, il y a de l’électricité dans l’air.  

Ce soir, c’est jour de match. Et pas n’importe lequel, le derby du sud, Monaco reçoit Nice qui a plongé dans cette Ligue 1 bis un an après le cheptel rouge et blanc. Sorte de lot de consolation pour les rares supporters abonnés au Louis II.

La tribu des Mousquetaires à pied d’œuvre alors qu’un gros match chargé de symboles se profile à l’horizon… Devons-nous y voir un lien, une quelconque coïncidence ?

La fin de journée sera révélatrice… Wait and see comme disent nos cousins de la perfide Albion.

 

La journée se déroule sans heurt, Monaco se colore petit à petit de rouge et de noir, les Niçois ayant profité de la proximité régionale pour venir pavoiser dans l’atmosphère estivale sereine qui règne dans Monaco. La Ligue 2 a apaisé les tensions qui étaient apparues quelques années auparavant, l’ambiance est aujourd’hui calme, limite familiale. C’est un moindre mal.

L’AS Monaco revient d’une mise au vert, preuve d’une volonté de Marco Simone de ne rien lâcher malgré la lente et sûre glissade qui frappe son employeur. L’entraîneur italien qui est toujours là, l’histoire ne nous dira pas si c’est lié au fait que personne ne veuille venir poser son fondement sur un nid de guêpes.

 

17h30, le bus des joueurs passe la « frontière » et entre sur le territoire principautaire.

Vivement critiqué dans les médias et depuis le Palais, le président Franzi fait front avec ses joueurs, à l’avant du bus. La population est dense, le bus peine à faire 5 mètres. Une atmosphère particulière plane dans les rues, les gens ont le sourire, cependant ils respirent tout sauf l’innocence.

Les motards tentent de dégager le passage, mais ils ont du mal à gérer l’arrivée du bus des Monégasques, et l’encadrement des supporters niçois sortant de la gare.

Le bus arrive enfin à entrer dans le tunnel débouchant sur Fontvieille, son terminus.

 

Mais un évènement va chambouler le cours de cette soirée et probablement de l’histoire de ce club, et de ses acteurs principaux.

Au moment où le bus pénétra dans le tunnel au niveau de la Rascasse, un contingent d’un millier de supporters, « le peuple rouge et blanc » comme nous l’avouera plus tard un témoin, s’engouffra des deux côtés du tunnel, afin de pouvoir y bloquer le bus.

La stupeur est de mise parmi l’effectif. Personne ne comprend, des « ma che passa » de Marco aux « tout va bien on gère » de Franzi… Le bus est bloqué, le bus n’avance plus. Les joueurs, enfin ceux qui ne sont pas en train de faire la sieste tels qu’Adriano ou Marester, semblent perdus. Le président Franzi sort un mouchoir de sa poche, et essaye de l’agiter tel un drapeau blanc. Tout autour, les supporters se massent, s’agglutinent. Ils partirent à 50 pour cette folle quête, mais par un prompt renfort, se sont retrouvés à plus de mille dans ce tunnel de la mort…

Au loin, les Niçois pénètrent dans le stade, insouciants.

Au loin, le soleil éteint ses derniers rayons, conscient d’avoir à remettre son ouvrage dès le lendemain.

Au loin… Mais qu’importe. La suite !!! La suite !!! La suite !!!

 

Et la suite arriva… Les Mousquetaires apparurent, se présentèrent devant la porte du bus de la délégation et sommèrent au chauffeur de leur ouvrir l’huis séance tenante.

« Ne craignez rien messires du cheptel, il ne vous arrivera rien », lança Cyrano, « en revanche Étienne (Franzi), venez donc avec nous ».

Les Mousquetaires sortirent du bus, sabres à la main, tous pointés vers le néo-prisonnier.

Senõr Potté, qui avait profité de ce temps mort pour monter sur le toit du bus, lança à la foule qui n’attendait que cela : « L’AS MONACO VIVRA !!!!!!!! LA RÉVOLUTION EST EN MARCHE !!!!!!!! »

Les hourras de la foule remplirent de joie le cœur de toute une patrie, une famille et même des joueurs qui sentirent une foi immense s’abattre sur eux. Et c’est en chantant que le peuple rouge et blanc accompagna le bus jusqu’à l’entrée du Stade Louis II, portant les joueurs et l’espoir de tous les supporters munegu.

 

En garde Niçois, le Monaco nouveau est arrivé !!! À l’intérieur du stade, les murmures faisaient déjà état des évènements souterrains, et les tribunes trépignaient en attendant l’unification suprême pour célébrer ce printemps monégasque 3.0.

Seulement, ce ne sont pas les joueurs qui foulèrent la pelouse les premiers, mais bien Monsieur Franzi Étienne, couvert de goudron et de plumes, suivi de près par tous les Mousquetaires au grand complet, le tenant en respect.

Mais où est le vice-président ?

Pas très loin, certainement. Et cela se vérifia assez rapidement, les deux écrans géants du Louis II affichèrent ce cher Michel Aubery, nu comme une oie, pendu par les pouces à l’un des anneaux surplombant les populaires. Un réel symbole, tant ces anneaux ont traversé les époques, en bien ou en mal.

Cette fois-ci, la victoire finale résonne dans tout le Louis 2, les supporters niçois se délectent de ce spectacle hors du commun. Comme à la grande époque, le stade vibre, chante, saute à n’en plus finir, on voit des regards heureux, des sourires, des enfants qui chantent, et nous, Mousquetaires, fiers avec un grand F, d’avoir pu unir des peuples asémistes de tous bords, pour revoir les 18 523 places rouges et blanches, teintées de rouge et noir bien malgré nous.

 

Cette histoire digne d’un conte de fées ne dira pas qui a remporté le derby, et encore moins qui sera réélu président. 

C’était juste un rêve, le songe… d’une belle nuit d’automne.