ASMousquetaires.com - Lens-Monaco : Un nul dans les Tribunes

Lens-Monaco : Un nul dans les Tribunes

Andy Shrek

Cette 5ème journée de Ligue 2 agrume moisi, nous a gratifié d’une affiche de ligue 1, qu’elle est loin ! Lens – Monaco, ou les retrouvailles du club qui égalise à la 93ème minutes et qui nous entraine avec lui dans la seconde zone du football Français. Pour l’occasion, et comme je n’habite pas trop loin du magnifique stade Bollaert (à prononcer avec une envie de vomir), j’étais un peu forcé d’y aller puis comme, je suis un peu suicidaire depuis la descente, je me suis dis allons voir le match dans les tribunes de Lens.


Ce match est la rencontre phare, alors que bizarrement, comme les années se suivent et se ressemble, il est synonyme de rencontre de bas de tableau. J’entends ici et là le mot maintien, et Banide en a la moustache qui frétille puisqu’il nous sort une composition digne de la grande épopée de l’année 2010-2011.  
Galère Germain se retrouve seul en pointe. Je n’ai rien contre lui, mais apparemment, il n’est pas fort aimé de ses coéquipiers. Au vu des ballons qu’on lui filait, tout en s’exclamant « Vas-y, galères, maintenant ! »

Marama « Chu young » Vahirua prend place sur le côté gauche, alors que c’est bien connu, il n’a pas le coup de pagaie nécessaire pour pouvoir déborder…  Sur le côté, droit, le prince au numéro 8 prend place, mais le prince défend beaucoup et se crame vite. Mais il est là, où il faut, quand il faut.

Mangani est titulaire, en compagnie de son double plus âgée, Stéphane Dumont. Qui pour le moment montre une capacité incroyable à ne pas aller au duel, et à se cacher durant 90 minutes. Il faut dire que rester 3 ans sans jouer, ça change un homme.

Coulibaly, le nouveau venu, prend place devant la défense. Son rôle étant de ne jamais attaquer, il a montré de grande capacité à rester là, ou il devait être. Un milieu défensif potable, et physique, ça fait plaisir.
La défense gruyère du jour, est composée de 4 éléments « classiques » … Des latéraux plutôt ça va, quoi.  Le jeune Appiah, qui malgré sa jeunesse montre de bonnes capacités. Mais comme le reste de l’équipe, il devait éviter de passer le milieu de terrain, de peur de se faire gronder. Peu d’attaque Lensoise de son côté, mais, cela se comprend, de l’autre, il y a avait le retour de l’homme en carton. Le seul, l’unique, Vincent Muratori. En plus de surement avoir, la maladie des os de verre, je me demande s’il n’a pas un souci locomoteur. Il ne sait toujours pas centrer et malgré une bonne combativité, il est toujours au bord de la rupture ! Le point positif, il ne s’est pas blessé. Prévenons l’infirmière et Malonga, qui risquent de s’inquiéter cette semaine, de ne pas le voir.

Mais le cœur de la meule, c’est la défense centrale : Hansson et Gretel … Euh … et Adriano ! Comme dans le conte des frères Grimm (ça c’est pour la partie culturelle), ils semblaient perdus au milieu d’une forêt de joueurs. L’alliance de la lenteur et de l’approximation, en font un duo très complémentaire et apprécié des attaquants. Quand tu prends le bazar par Eduardo et mon cul (oui, mon cul, c’est du Pollet), il y a de quoi avoir peur.
Surtout que dans les buts, c’est l’enfant du pays. Le valeureux 12ème homme lensois. Sébastien Chabbert, le mec qui est aussi rassurant qu’un séisme en Asie. Il est là, il fait flipper mais, au final on ne s’attarde pas trop sur lui, sauf quand il est vraiment catastrophique. Alors que Carrasso s’échauffe, là, pas trop loin en miroitant la médiocrité …

Bon, après avoir passé en revue la composition du cheptel avec un petit commentaire de la prestation de chacun, voici le match en lui-même. Quoi de mieux que de faire vivre le match, comme je l’ai vécu, au cœur du meilleur public de France. Enfin, ça dépend de la vision des choses, j’ai plus eu l’impression de me retrouver dans un vieux reportage de Strip tease sur France 3, mais soit …  
Les Supporters de l’AS Monaco, n’ont qu’à bien se tenir.

C’est parti pour 90 minutes, et plus si affinité, en plein cœur des tribunes :
Arrivée, sur le parking, un Monsieur crâne rasé, bière à la main, quelques dents facultatives, s’exclame : «  Raaaah Monégaste va te torcher le cul, hein. » Ceci est une coutume du Pas de Calais, on prévient le visiteur de ce qu’il faut faire après avoir était à la selle.

Fouille à l’entrée du stade. Le stadier me demande si je suis monégasque. Ma réponse est directe. Bien sur que non, j’ai trouvé ce maillot Macron par terre et j’ai vu de la lumière.

On me remet un dépliant présentant le match. Un arrière goût de ligue 1, qu’ils disent. Périmé alors le goût.

Arrivée dans les tribunes, je vais uriner tranquillement. Le public Lensois respecte ses couleurs, il mange une frite ketchup-mayo.
Echauffement des deux équipes, les supporters lensois et monégasques s’amassent en nombre pour photographier le prince Giuly. Le speaker tente de mettre l’ambiance, mais le parfum de la ligue 2 se ressent même chez le meilleur public de France.

Début du match timide des monégasques, qui n’ont pas touché le cuire durant les trois premières minutes. Dès la 2ème minute de jeu, Eduardo montre qu’il est un bon finisseur et envoie le ballon de la tête au niveau du 8 ème rang de la tribune. Guy Roux étant passé par le club, les supporters rendent le ballon illico presto.

4ème minute : Stéphane Dumont se fait conspuer par tout Bollaert du fait de ses antécédents lillois. Une des raisons qui fait qu’on ne l’a pas vu du match ? Surement !

6 ème minute : A Lens se faire sponsoriser par le Crédit Agricole, c’est de la bombe. Hein ? Nan, un supporter de Lens a jeté une bombe agricole sur Serge Aurier ! Ouai, c’est ça aussi être le meilleur public de France, c’est mal visé et s’excusé en scandant le nom du malheureux traumatisé.

9ème minute : déjà 4 tirs hors du cadre … Heureusement qu’il n’y a pas de mouette à Lens.
12ème minute : Nouveau chant de supporters Lensois, à faire pâlir les meilleurs chanteurs de France : Au Nord, c’était les corons, la terre c’était le charbon, les hommes des mineurs de fond, Vive le fond !
13ème Minute : réplique monégasque, qu’on aura réussi à entendre. A Monaco, on est peu mais on est plein ! A méditer !

15ème minute : le geste technique du match est : le contrôle raté pour chacune des deux équipes.
20ème minute, je m’ennuie ferme au vue du spectacle proposé. Tout comme mon voisin. Tiens, bonjour, vous allez bien ? Nan, le match pas terrible ! Alors comme ça, vous aimez les sandwichs au thon ?

25ème minute : Vahirua réussit à dribbler un joueur et tir à l’entrée de la surface ! Eeeeeet … ça frôle le poteau de corner. Grosse occasion monégasque.


29ème minute : le public se lève ! Ooooh, la balle s’élève sur une frappe d’un certain Cichéro (Ché ksé po Carré). Après avoir culminé jusqu’à 25 mètres de hauteur, Chabert capte le ballon en deux temps sur sa ligne.

31 ème minute : Contre attaque fulgurante de Monaco. Le public gronde sur une main complètement involontaire d’Hansson au départ de l’action. Pour ma part, j’hallucine complètement : Giuly et Germain réussissent à se faire deux passes et Mangani marque un superbe but, à l’entrée de la surface, lucarne opposée. Un émissaire de l’AS Nancy Lorraine est dans les tribunes. Sainte Dévote aurait pris l’avion.

Jusqu’à la mi-temps : RIEN.

Ah si, …, mon voisin me confie qu’il s’ennuie également. Et le public siffle ses joueurs et des canettes.

Durant la mi temps, que ce soit en ligue 1 ou en ligue 2, place au challenge Orange ! Et là, ce fut une équipe féminine, d’âge moyen 14 ans, qui permet au publique de s’esclaffé. Perso, après c’est 45 première minutes, j’ai plutôt envie de braire, comme on dit dans min coin. Mais Monaco mène.

Début du second acte : les lensois poussent. Enfin, pour faire plaisir aux gens qui m’entourent, c’est ce que j’acquiesçais mais pour être honnête, devant une telle nullité footballistique, je me demandais si les monégasques n’avaient pas eu un accident de parcours. Une tétraplégie inopinée. Jusque la 65ème minute et cette volée de Giuly au dessus de la barre, il est rare de voir un bleu dépasser la ligne médiane.

68ème minute, le prince est cramé, vive le prince.

69ème minute : changement pour l’AS Monaco. Vahirua n’est pagaie, il sort car il ne sert à rien sur le côté gauche. Salli rentre, pour essayer de les Nicaise.

75ème minute : Hansson part à la pêche. Les vieux Démont refont surface. Je me fais chambrer.

83ème minute : les lensois sonnent la charge. Tels les chevaliers du Sergent Garcia, ils hurlent «  Yahia » … Ah, pardon, j’étais en plein remake de zorro, mais il y a but de Lens : 2-1. Je me fais insulter, et les supporters commencent à provoquer le parkage monégasque.

89ème minute : Helstad donne une nouvelle définition au mot tergiverser. Il dribble le gardien, une fois, deux fois, trois fois … et passe le ballon à Salli. Tir. Corner.  Je suis dépité. En même temps, elle s’tâte, c’était prédestiné.


90ème  minute : Guily surgit au bout de la nuit, et signe cette rencontre d’un G, qui veut dire Giuly ! Giuly, Giulyyyyyyy.


91ème minute : C’est beau, mais c’est moche.

93ème minute : fin du match, Giuly est blessé, Giuly nous offre un point inespéré. Giuly fait bouillir certains supporters qui s’en prennent à moi, alors que bon, il faut être honnête, j’y suis pour rien si Giuly, il surgit au deuxième poteau, et s’il crucifie Kasraoui. J’y suis pour rien, si Giuly, il a joué quelques années a Paris. J’y suis pour rien, si ce supporter dit que c’est un feinéant (avec le recule, j’ai toujours pas compris pourquoi). J’y suis pour rien, s’il nous souhaite, lui, un des meilleurs spectateurs de France, de ne pas monter.

Retour à la voiture, le public Lensois a la tête des mauvais jours. Un peu déçu, un peu haineux, un peu aigri. Moi, je me suis ennuyé ferme, sauf sur la fin, mais la fin ne justifie pas les joueurs moyens. Je me dis que la saison va être longue, et je retourne chez moi, en empruntant les nationales … Comme un signe du niveau de football que j’ai vu ce soir. C’est pas grave, on reviendra l’année prochaine.